Il y a un peu plus de 4 mois j’ai donné naissance au plus merveilleux des petits garçons. (devinez combien de fois j’ai rectifié le nombre de mois et la tournure de la phrase )

Après plusieurs mois de pandémie, d’angoisses pour mes proches et moi, voici que j’allais devoir prendre soin d’un petit être. Alors certes, c’est un joli pied de nez à l’endométriose. J’ai eu de la chance. Vraiment. J’ai tellement lu, entendu, lu des témoignages d’échecs à répétition, d’années à tenter. Nous ce fut une belle surprise. Gratitude extrême envers la vie.

 

La grossesse

A cause de la crise sanitaire – je suis tombée enceinte fin aout 2020 – je me suis retrouvée très isolée. Mon compagnon a eu le covid, heureusement sans trop de dégâts. J’ai fait personnellement un état grippal juste après mais le test est ressorti négatif. Heureusement sans conséquences pour notre petit bonhomme. On l’a échappé belle.

Je n’ai pas pu voir réellement ma famille, mes amis pendant cette période. Certains ne m’ont pas vue enceinte et n’ont toujours pas rencontré mon bonhomme. Niveau médical, j’ai vu une sage-femme une fois par mois plus les trois échographies obligatoires. Et c’est tout. Pour une première grossesse, autant vous dire que je me suis sentie très seule. Pas de sortie avec les copines, pas de fête, un comité très très réduit pour découvrir ensemble le sexe du bébé. Oui, je suis amère. D’autant plus que certaines personnes étaient plus que limites sur les gestes ou les critiques, comme si le covid ne pouvait pas me toucher moi et mon bébé. Les connaissances actuelles vont dans le sens contraire. Mais plus que leur connaissances erronées, à une période où on a du mal à accéder à des sources fiables, c’est leur agressivité lorsque je leur explique qui me touche. Encore aujourd’hui, alors que je ne souhaite que protéger mon bonhomme.

L’autre point qui m’a fait souffrir fut mon poids. J’étais terrifiée à l’idée de voir les chiffres monter parce que j’avais déjà un imc indiquant que j’étais obèse (lol) et quand j’ai eu la « chance  » de ne rien prendre pendant 9 mois, j’étais inquiète à l’idée de ne pas donner ce qu’il fallait à mon enfant. La seule réponse que j’ai eu étant « profite tu as de la chance ». Oui mais j’ai peur quand même. Mon bébé va au final très bien et j’ai effectivement terminé ma grossesse a -6kg. Je persiste à penser que voir du monde m’aurait permis de moins angoisser sur cette question.

Alors j’ai lu, beaucoup, pour me préparer. Spoiler alert : rien n’aide vraiment à se préparer. Moi qui ne craint pourtant pas les piqures, j’avais une peur bleue de la péridurale. On m’avait aussi tellement répété que les calculs et les crises d’endo étaient tellement plus douloureux qu’un accouchement, que je me suis dit que j’allais m’en passer. Me voici à écumer des groupes, parfois à la limite de l’anti médecine. Un mouvement que j’avais entamé il y a quelques années. Les mêmes qui prônaient l’allaitement à tout prix et qui m’ont mise dedans les premiers jours de vie de mon fils. Depuis, je suis revenue à un plus juste milieu. Mais il a fallu que j’aille loin dans tout ça et que je vive un accouchement loin de mes idéaux pour m’en sortir. J’ai été chanceuse, mon compagnon a pu être la durant l’accouchement. Il a pu venir autant qu’il le voulait les jours suivants également. Je sais que ça n’a pas été le cas pour tous les couples.

Le regret que je continue d’avoir c’est de n’avoir pu réellement tester le mois d’or, ce fameux mois à prendre soin de moi après l’accouchement. On a déménagé à peine un peu plus d’un mois après, tout en vendant l’appartement où nous vivions. Encore une conséquence de la crise et d’un confinement passé entre 4 murs. Entre notaire et cartons je n’ai pas pu prendre le temps de recharger correctement mes batteries. La reprise du travail fut éreintante et je pense encore payer aujourd’hui cette période qui est déjà très stressante sans nourrisson dans les bras. Surtout qu’à un mois près, mon compagnon n’a pas pu bénéficier du congé paternité allongé.

 

Depuis la naissance

Depuis la fin de ma grossesse et l’arrivée du petit bonhomme, je suis un peu plus patiente dans mes attentes par rapport à la vie. Tout peut attendre, sauf profiter. Alors, oui, parfois les angoisses sont encore présentes. J’ai eu du mal à arrêter avec la culpabilisation de ne pas allaiter. La crainte qu’il arrête de respirer. Et tellement d’autres choses. Et puis, au fur et à mesure, on s’habitue un peu. J’ai envoyé valser plusieurs croyances, sources de culpabilité, notamment celle de ne pas être parfaite. De ne pas le mettre en couches lavables, de ne pas les avoir essayé même, d’avoir acheté des petits pots tous faits parce que je sais que je n’aurais pas le temps de tout faire et que c’est ok. Que je fais de mon mieux dans un monde qui devient complètement fou et qu’il y a un juste milieu. Qu’il aura des pots industriels de temps en temps et que non je ne vais pas faire du mal à mon enfant avec. Que l’important ce sont les moments de qualité que je peux lui offrir, avec une maman détendue, qui prend plaisir à jouer avec lui, lui raconter des histoires et prend soin de lui.

La seule chose sur laquelle je ne dérogerai pas restera la représentation de mon enfant en photo. Si je suis adulte et que je fais bien ce que je veux, j’estime de façon très personnelle que l’image de mon fils lui appartient. Je pense que chaque parent fait ce qu’il veut. Nous, nous avons décidé de lui laisser une existence numérique vierge ou presque.

Alors en vrai, merci @Madame_captain, @4enfantsen4ans et @seedsandcare qui m’ont aidé, par la lecture de leurs posts à sortir de pas mal de bullshit. Même celles qui n’ont aucun rapport avec ma maternité et ma grossesse. Merci @to.be.or.not.toubib d’éduquer la maman angoissée que je suis. Bien entendu, en dernier @thefrenchvirologist qui m’a permis de démêler tout ce qu’on entendait sur la maladie.

Et surtout, merci à mes proches, ceux qui malgré tout ont pu m’accompagner et me guider dans cette nouvelle aventure.

 

Les photos illustrant cet article ont été faites par Alexandra Ventura qui nous a donné de très jolis souvenirs.

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