Aujourd’hui, je souhaiterais vous parler d’une série littéraire que je suis depuis plusieurs années. 2016 il me semble. Le coup classique du « Qu’est ce que je vais lire en vacances » même avec 20 bouquins en attente dans une pile à lire. Mon choix s’est porté sur l’un de ses livres à la couverture noire et rouge, ornée d’une petite illustration dans un cercle. Mais si, la marque de fabrique de Babel noir. C’était Défense de tuer de Louise Penny. Bon, très vite j’ai compris que c’était en fait une série et que comme d’habitude je n’avais pas choisi le premier. Mais l’ambiance, les personnages, le style d’écriture ont fait que j’ai très vite acheté le premier tome. Puis la suite. Bref, laissez moi vous expliquer.

 

C’est qui Armand Gamache ?

La série littéraire

Armand Gamache est le personnage principal d’une série policière écrite par Louise Penny, une autrice canadienne. Le premier tome est sorti en 2005 là bas, alors que nous avons du attendre 2010 pour voir débarquer la première traduction française. Depuis nous en sommes à 16 livres dont 15 que j’ai déjà lus. Le dernier devra attendre un peu, ma « pile à lire » étant devenu un géant faisant deux fois ma taille.

L’histoire sans spoiler

Je ne vous ferait pas l’affront de résumer un par un chaque tome.

L’inspecteur en chef Gamache travaille à la sureté du Quebec, l’équivalent de notre police en France. Il se retrouve un jour sur une enquête au petit village de Three Pines qui n’apparait sur aucune carte. Armand est un homme d’une cinquantaine d’années dans le premier tome, il est accompagné par son fidèle adjoint, Jean-Guy Beauvoir ainsi que d’Isabelle Lacoste. Ils vont découvrir que ce village, peuplé d’habitants originaux n’est pas si tranquille. La plupart des tomes suivants se déroulent eux aussi dans le cadre de ce village, situé à la frontière des Etats-Unis. Pas tous cependant, quelques tomes laissent à Three Pines un peu de paix bienvenue, sans nous éloigner bien loin de ses habitants auxquels nous nous attachons rapidement. Dans cette série, pas de techniciens qui font des analyses ADN en 2h, pas de technique à outrance, non, l’inspecteur chef remonte la piste du coupable au travers des émotions qui ont menées au meurtre. On explore ainsi la psyché humaine tout au long d’histoires qui se sont mal terminées pour au moins une personne. Chaque tome explore une enquête policière avec pour trame de fond des évènements plus importants au sein de la sureté dont la corruption s’étend.

Adaptation

Un téléfilm a été adapté du premier tome. J’avoue ne pas avoir trouvé le courage de le regarder. J’ai très peur de l’effet téléfilm policier français. Je ne suis pas non plus certaine qu’une adaptation à grande échelle soit envisageable. J’aurais peur de perdre les détails de l’écriture de Louise Penny qui donnent tant de charme à l’ensemble. Il faut dire que je n’ai plus grand espoir quant aux adaptations de livres et je ne suis pas certaine qu’un format série soit non plus l’idéal. Bref, laissons donc cela de coté.

 

Mais pourquoi tu lis ça ?

Les personnages

Louise Penny a une plume que j’adore. Vraiment. Elle a su créer des personnages tous différents et pourtant tous attachants à leur manière. Je ne saurais choisir mon préféré. Serait-ce Ruth, cette vieille poète alcoolique et vulgaire qui sous les apparences cache une personne sensible qui ne demande qu’un peu d’amour ? Armand lui même, persuadé de pouvoir obtenir le meilleur de n’importe qui pour peu qu’on essaye de le comprendre ou de lui donner une chance ? Clara, l’artiste qui doute de son talent à chaque heure de chaque jour ? Jean-Guy, l’adjoint de Gamache qui tente tout pour paraitre fort ? Gabri, ou son compagnon Olivier, tous les deux remplis d’humour et d’amour ? Serait ce Myrna, la psychologue reconvertie en libraire qui nous aide parfois à y voir plus clair ? Ou l’un de tous ceux que je n’ai pas cité par peur de vous ennuyer ?  Tous ont leur qualités, leurs défauts mais surtout tous évoluent au gré des enquêtes.

La plume

Le style d’écriture me plait énormément. C’est subtil, je ris des détails, je pleure sur certains passages, d’émotion, de peur pour les personnages. Contrairement à beaucoup d’autres médias, j’ai véritablement peur pour eux. Parce qu’ils sont proches de nous, tellement bien écrits que je crois qu’ils peuvent faire des erreurs assez grave qui les emmèneront dans une impasse. Mieux, moi qui lit d’habitude de façon rapide, presqu’en diagonale, je savoure l’écriture de Louise Penny. Les poémes de Ruth Zardo ont été écris par l’autrice avec pour principale inspiration Margaret Atwood. Je ne connais celle ci que par l’adaptation de son livre La servante écarlate en série. Le livre est dans ma longue liste de livres à lire un jour. 

Les enquêtes

Les enquêtes, enfin. Jusqu’il y a quelques années, je ne lisais pas beaucoup de policiers. Je crois que j’ai mal vécu la lecture d’un Mary Higgins Clark quand j’étais toute jeune adolescente. Avec cette série, j’ai repris le gout du genre. Je ne cherche pas à tous prix à connaitre l’identité du ou de la coupable avant la fin, je me laisse porter par les conclusions de Gamache. Bref, je lâche complètement prise. Et cela est très agréable.

 

Pour conclure

Bref, vous l’aurez compris, je recommande grandement cette série.

Je vous laisse avec un extrait. Un seul. Maintenant, vous pouvez aller acheter le premier tome : Nature morte. Et les suivants, bien entendu. Dans l’ordre :  Sous la glace, Le mois le plus cruel, Défense de tuer, Revelation brutaleEnterrez vos morts, Illusion de lumière, Le beau mystère, La faille en toute chose, Un long retour, La nature de la bête, Un outrage mortel, Maison de verre, Au royaume des aveuglesUn homme meilleur et enfin Tous les diables sont ici

« Clara saisit son pinceau et contempla la toile vierge. Elle ferait le portrait de la personne qui lui avait fait du mal, un jour, causé des blessures profondes, irréparables.
Elle se mit à peindre, à grands traits assurés. Elle exprimerait la rage, le chagrin, le doute, la peur, la culpabilité, la joie, l’amour et enfin le pardon.
Ce serait le tableau le plus intime, le plus difficile de sa vie.
Ce serait un autoportrait. »

 

Share This