Juin. Un mois avec un seul mot en toile de fond : déménagement. Enfin, il y a eu des travaux également. Du coup, pas mal de fatigue et peu de temps pour la lecture. Cependant, j’ai réussi à terminer trois livres.

 

La fille de Baruch de Laetitia Bourgeois

Alors qu’une maladie étrange fait des ravages dans tout le Gévaudan, Barthélemy reçoit la visite d’un vieux Juif, Baruch, qui lui fait une demande peu commune : il veut retrouver sa fille, perdue quarante ans auparavant, quand sa famille, comme tous les Juifs du royaume, ont été expulsés par décret royal. Barthélemy, récemment nommé bayle de Châteauneuf par le sire de Randon, se lance à la recherche de cette enfant, dont la disparition semble plus complexe que ce que Baruch lui a laissé entendre. Que veut réellement Baruch ? Souhaite-t-il simplement des nouvelles de son enfant, ou a-t-il élaboré une vengeance contre ceux qui lui ont soustraite, tant d’années auparavant ? Pendant ce temps, Ysabellis (la femme de Barthélemy) se bat contre la maladie insaisissable, allant jusqu’en Velay pour consulter les médecins les plus éminents. Un réseau de contrebandiers, un faux moine inquiétant, une béguine mystérieuse sont les personnages de ce roman où Barthélemy découvre ce que signifie être Juif en terre chrétienne au Moyen âge.

Encore un emprunt à la bibliothèque. Cela montre bien que je ne sais pas choisir mes livres. Il était bon, sans être exceptionnel et il m’aurait sans doute plu davantage si j’avais commencé par le premier tome. Ce n’est pas une règle absolue, j’ai commencé la saga de Louise Penny par un tome au milieu et j’ai dévoré les autres ensuite. Ici cependant je pense que cela m’aurait permit de mieux apprécier le roman. J’ai l’impression que les personnage ont évolué depuis le début de leur histoire et que ce que j’ai lu marque des moments importants de leur vie. Il me manque clairement leurs origines.

Sinon, pour parler de l’histoire en elle même, j’aime ce genre de roman avec une base historique. Par là j’entends des lieux connus, une époque connue du passé. Personnellement cela me donne toujours envie de creuser pour découvrir l’histoire véritable (des juifs en France à cette époque du coup). Le côté guérisseuse d’Ysabellis a fait écho à une autre lecture et m’a beaucoup plu et dont je vais parler un peu plus bas. Malgré tout, je ne me suis pas plongée dans le livre. Je pouvais l’abandonner quelques jours sans trop de problèmes.

Le bonhomme de neige de Jo Nesbø

Oslo, novembre 2004, la première neige tombe sur la ville. Dans le jardin des Becker, un bonhomme de neige fait irruption, comme sorti de nulle part. Le jeune fils remarque qu’il est tourné vers la maison et que ses grands yeux noirs regardent fixement leurs fenêtres. Dans la nuit, Birte, la mère, disparaît, laissant pour seule trace son écharpe rose, retrouvée autour du cou du bonhomme de neige…
Dans le même temps, l’inspecteur Harry Hole reçoit une lettre signée «le bonhomme de neige» qui lui annonce d’autres victimes. Plongeant son nez dans les dossiers de la police, Harry met en lumière une vague de disparitions parmi les femmes mariées et mères de famille de Norvège. Toutes n’ont plus donné signe de vie le jour de la première neige…
D’une sobriété étonnante, Harry Hole va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur le territoire norvégien et qui le conduira jusqu’au gouffre de sa folie..

Ha 😀 Celui ci j’ai du le dévorer en quelques jours. J’insiste particulièrement sur le mot devoir. J’étais complètement prise dedans. J’avais voulu aller voir le film avec mon compagnon lorsqu’il est sorti au cinéma. Les thriller sont une chose que j’adore et que je crains à la fois. J’en ai adoré plusieurs au cinéma (Gone Girl, Prisonners et plus anciennement le nombre 23 qui fut l’un des premiers de mon adolescence). Celui ci j’avais un peu peur et après la lecture il me faudra un bon moment pour me décider à le regarder. Le livre fait parfaitement son boulot de thriller : il me met mal à l’aise. Un peu comme millénium à son époque. Le personnage principal fait partie de ceux que j’aime : il n’est pas un super héros, il a des failles, bref il est humain. Il se retrouve à faire face à « l’inhumain » au cours d’une enquête et se retrouve également face à ses doutes. Le seul point noir que j’aurais pu trouver fut la facilité avec laquelle j’ai deviné ce qui se passait et pourquoi. Mais j’enchaîne pas mal de policiers depuis quelques semaines donc les schémas deviennent plus simple à voir je suppose.

Âme de sorcière – Ou la magie du féminin d’Odile Chabrillac

Symbole subversif de la révolte féministe, la figure de la sorcière est aujourd’hui de retour, prête à questionner nos choix, notre rapport au monde, à la nature, au corps, à la rationalité, à la sexualité… Et ce qu’elle a à nous apprendre peut réellement changer nos vies. Loin du folklore et des clichés, les sorcières sont porteuses d’un savoir riche et multiple, qui dérange et bouscule l’ordre établi. Pourquoi les a-t-on massacrées au XVe siècle, pourquoi a-t-on cherché à les oublier ? Car elles ont osé, en leur temps, défier l’église, l’autorité (masculine en particulier) et l’idée même de propriété ; elles savaient dire  » oui  » lorsqu’elles avaient envie et  » non  » quand elles le pensaient.
Se réapproprier leur histoire, leurs savoirs, leurs pouvoirs, c’est autoriser chaque femme à retrouver sa puissance, en faisant d’elle une digne héritière des guérisseuses et des sages-femmes d’antan. C’est ouvrir de nouveaux possibles, dans tous les champs (politique, artistique, écologique, philosophique, humain surtout), c’est oser se revendiquer différente, puissante et néanmoins bienfaisante.
Cette lecture contemporaine de l’héritage des sorcières résonne avec acuité à l’heure du renouveau féministe.

Bon et bien voici le coup de cœur du mois. Enfin, je l’ai lu sur plusieurs mois, débuté quasiment en même temps que les travaux de l’appartement. J’ai envie de me dire que c’est un signe que les travaux vont être terminés. Le livre commence sur une partie un peu historique concernant ce qu’on appelait les sorcière. Sans surprise je suis tout à fait ouverte au constat fait : il est probable que les sorcières de l’époque aient été des femmes au courant des plantes qui guérissent, refusant de se conformer à la société d’alors. Les hommes  et  l’Eglise prenant une place non négligeable et souhaitant raffermir son « pouvoir » à tenter de refréner tout ça. Les accusations de sorcelleries et de magie noire n’ont pas traînées. Aujourd’hui, on voit réapparaître un intérêt pour le naturel, les plantes, les huiles essentielles, les énergies … Personnellement je trouve ça génial. Bien entendu, il ne faut pas oublier que « naturel » n’est pas synonyme de « bon » et en cela je garde un sens critique. L’autrice parle également de la féminité, un sujet qui m’intéresse particulièrement, de l’intuition et des groupes de femmes (malheureusement, pas de tentes rouges dans ma région). En fait, j’aime cette idée de sororité, d’entraide et de regroupement entre femmes. Loin de l’idée que les mâles s’en font, juste pour partager, discuter, s’élever au sein d’un cadre rassurant.

Bref, une belle lecture. Un livre prêté que je vais sans doute racheter pour ma bibliothèque. J’ai eu un peu de mal avec le mot sorcière utilisé tout du long mais je rends compte que c’est simplement une construction que je me suis faite. Je dévorerais sans doutes quelques livres de la bibliographie.

 

Pour ce mois ci, un petit nombre de livres lus, mais de la qualité. En vérité j’ai également lu un peu de fanfiction mais je ne développerais pas plus ici 🙂 Le mois de juillet sera sans doute encore plus léger. Je vais devoir défaire tout un paquet de carton tout en continuant à travailler pour mes client·e·s. De plus j’ai très envie de renouer avec ma machine à coudre, elle aussi perdue au milieu du salon. Cela veut dire qu’il y aura des articles dans d’autres sections du site 🙂 Je participe également à la coupe du monde de l’écriture organisée par Génération écriture. Enfin, je me suis lancée dans une illustration dont l’idée refuse de me lâcher (merci petite idée d’avoir été patiente). Cela fait beaucoup je crois 🙂

Je vous dis donc à dans quelques semaines !

 

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